Newton
.../...
Et c'est comme ça que je suis tombé sur un animé en 13 épisodes (format très standard) qui date de 2000–2001, adapté d'un manga, référence du genre, édité entre 1996 et 2002.
Je dis référence car c'est un rare titre à être traduit et publié en France. Le manga est donc licencié en France et doit se trouver ou se commander dans les bonnes crémeries je suppute.
Pour l'animé, je ne sais pas. J'ai vu une version sous-titrée par des fans. Je ne peux juger de la qualité de la traduction, mais il y a toujours un gros effort pour faire comprendre par exemple les jeux de mots (qui ont l'air d'arriver facilement en japonais !).
Le Titre ? Gravitation
Je vous avais mis le générique et quelques captures d'écran jeudi.
Avec Gravitation on est en plein dans le yaoi, puisque le thème principal de la série est une romance entre le bouillant Shindo Shûichi*, chanteur d'un groupe de pop (non non, je ne vous raconte pas Embrasse-moi Lucile que vous regardiez il y a 20 ans sur la Cinq), Bad Luck, qu'il a fondé avec son ami d'enfance Nakano Hiroshi, et le taciturne Yuki Eiri, écrivain à succès dont sont raides dingues toutes les femmes du pays de 7 à 77 ans, autant pour ses romans que pour son physique.
Mais Gravitation, c'est plus que cela. C'est souvent drôle. On est parfois dans la caricature et ses excès assez courant dans les animations japonaises (si vous comprenez pas ce que je veux dire, comparer par exemple le même personnage dessiné à 2 s d'intervalle sur les captures n° 8 et 9). Là où dans le théâtre de boulevard, les portes claquent, ici on défonce joyeusement les murs, et on (du moins Shûichi-kun...) aime se déguiser (en chien, chat, valise, pile électrique...).
C'est excessif parfois, certes, mais jamais vraiment lourd.
L'humour et les excès sont là pour contrebalancer des aspects plus sombres et pesants de l'histoire, en particulier le passé de Yuki (au passage, le passé lourd, trouble ou oublié d'un personnage est un thème assez fréquent dans plusieurs histoires que j'ai vu).
Gravitation est donc joyeux, drôle, tendre, émouvant, servi par des personnages souvent attachants et hauts en couleur, aussi bien K., le manager psychopathe adepte des armes à feu, que Sakano-san l'hyperémotif producteur.
Bien sûr, il ne faut pas être allergique à la J-pop, omniprésente, qui sert plutôt bien l'histoire.
L'animation quant à elle est tout à fait correcte, malgré les faiblesses et facilités lors des scènes de concert, ce qui est un peu frustrant. Chose curieuse, dans les premières minutes du premier épisodes, il y a de très fréquentes insertions de plans réels (et non dessinés) ; c'est assez perturbant. Peut-être un moyen pour montrer qu'on glisse doucement du réel à l'imaginaire? Allez savoir...
J'ai trouvé le titre très bien choisi. La première fois que j'ai regardé la série, j'ai eu cette impression de deux corps se tournant l'un autour de l'autre, comme sous l'effet de la gravité, qui se rapprochent et qui s'éloignent, mais dont les orbites sont sans cesse perturbées par des astres errants, des tiers corps rendant la prédiction des mouvements impossible ; on attend fébrilement de voir si les deux corps vont se séparer irrémédiablement, se rapprocher au point de se détruire ou finir sur une orbite à peu près stable.
Certains passages sont un peu elliptiques, et j'ai dû regarder la série deux fois pour être sûr de tout comprendre. De même la fin est un peu précipitée ; du genre, oups il nous reste 10 min pour tout caser, on expédie...
Malgré ces détails, dans ce qui j'ai vu récemment en terme de yaoi/shonen-ai, Gravitation est un coup de cœur que je revendique sans honte.
Ca fait du bien, ça me met du baume au cœur dans ces moments de solitude loin de tnÅ.
Que demande le peuple ?
Pour les accros, il y a un OAV, produit un peu avant la série (en 1999), mais qui se déroule plus tard dans le temps (ce qui conduit à de petites incohérences). La charte graphique est un peu différente et l'animation d'un peu moins bonne qualité, en particulier les scènes de concert plutôt ratées, mais une bande originale du même acabit que la série.
*Je garde l'ordre traditionnel : nom puis prénom...