Erection
Jeudi nous étions le premier mai, jour de nombreuses festivités.
D'aucuns commémoraient l'Ascension,
d'autres fêtaient le travail.
Certains ont vendu du muguet,
des conscrits ont couru le mai.
Moi je regardais sagement une érection, celle du nouveau Maibaum de ma ville ; une manifestation pas si courante puisqu'elle ne se tient que tous les six ans.
Dans ma ville, comme dans toute commune bavaroise qui se respecte, se dresse un bel arbre de mai aux couleurs de la Bavière – bleu et blanc. Pendant plus de 2 ans, je l'ai toujours vu dominer le village, immuable point repère.
Un jour de décembre, je revenais, après une semaine ou deux d'absence, accompagné de mes parents qui venaient quelques jours découvrir l'endroit où je vivais (qu'ils voient l'endroit une fois tout de même avant que je parte sous d'autres cieux).
Il faisait nuit. Il était assez tard. On sortait du métro et je leur dis :
– Je vais vous montrer un truc typisch Bayerisch, on peut pas le louper, il fait 40 mètres de haut... Là ! Vous voyez le Maib... bah... il est où ?
A pu de Maibaum. Pfftttt disparu, envolé.
Mais qu'on se rassure, après cinq mois sans Maibaum, le Maibaum nouveau est arrivé ! Vive le Maibaum !
Il trônera au cœur de la ville un peu plus de 5 ans lui aussi (sauf accident) avant d'être démonté un automne, et remplacé par un fringant successeur un 1er mai.
Comme toutes choses en ce pays, l'arrivée du Maibaum est surtout un prétexte pour faire la fête et boire de la bière.
Beaucoup se sont mis sur leur 31 :

Il est midi tout est en place, on érige doucement ce tronc d'arbre peint de plus de 40 m :
mais certains sont déjà attablés et occupés à descendre leur maß
Le mât est maintenant redressé, solidement arrimé, les pompiers fixent les dernières enseignes puis détachent le câble de tractage.
Tous cela bien sûr au son de la fanfare qui elle non plus n'oublie pas de se réhydrater :
Puis le drapeau à damier losange bavarois est hissé.
Monsieur le curé fait un discours, madame le pasteur également. Peut-être une bénédiction.
C'est ensuite au tour de l'ancien Bourgmestre et de la toute nouvelle Bourgmestrine d'y aller chacun de leur petit mot.
Mais je ne sais pas ce qu'il s'est dit, j'ai fuit avant, échappant ainsi également aux danses des enfants...
Tout est rentré dans l'ordre. Je vois de nouveau de chez moi ce fier arbre qui tutoie le ciel mieux que la flèche de l'église.