Municipales et autres scrutins locaux (3)
L'attribution des sièges
Pour les scrutins uninominaux, le principe est similaire à celui des élections présidentielles françaises : celui qui obtient la majorité absolue l'emporte. Si personne ne l'obtient, un second tour entre les deux candidats ayant obtenus le plus de voix est organisé 15 jours plus tard.
Par exemple dans ma commune nous revotons dimanche. Un second tour classique CSU/SPD. Il n'y a pas de nouvelles affiches, juste de petits autocollants sur les affiches restantes des deux candidats encore en lice, du genre : « ballotage le dimanche des Rameaux, votez Machin ». Ah si ! il y a de nouvelles affiches, posées par un des candidats malheureux du premier tour : le candidat indépendant (Ni noir, ni rouge, ni jaune, ni vert était son slogan1) appelle à voter pour la candidate CSU (oui il est très indépendant manifestement).
C'est un peu comme si entre les deux tours des présidentielles, un des perdants du 1er tour faisait des affiches « Moi, Truc, vous appelle à voter Machin ».
Pour les scrutins par liste, ce n'est pas très compliqué.
On compte pour chaque liste le nombre de voix qu'elle obtient, i.e. le total des suffrages recueillis par chaque candidat de la liste. Par exemple, s'il y a 5000 bulletins exprimés et 24 sièges à pourvoir, il y a au maximum 120 000 voix (au maximum, car il se peut que certains électeurs n'aient pas distribué toutes leurs 24 voix) réparties sur toutes les listes.
On attribue alors le nombre de siège à la proportionnelle.
A la différence de la France :
- il n'y a pas besoin d'un score minimum (ou alors peut-être 1% ?) pour obtenir des siège (nos fameux 5%) ;
- il n'y a pas de prime à la majorité ;
- la méthode de distribution des sièges à la plus forte moyenne ne doit pas être la même qu'en France.
Dernière étape : attribuer les sièges aux candidats.
Le principe est tout aussi simple : si une liste obtient n sièges, ils sont attribués aux n candidats de la liste qui ont recueilli le plus de voix. En cas d'égalité seulement, le numéro d'ordre sur la liste intervient en faveur de celui mieux placé.
On voit ici tout l'intérêt de pouvoir donner plusieurs voix à la même personne : cela permet en quelque sorte de réarranger un peu la liste, en ayant la possibilité de donner plus de poids à quelqu'un qui est en bas de la liste au détriment de quelqu'un mieux placé sur la liste mais qui ne nous plaît pas.
Un tel mode de scrutin, purement proportionnel, aide les petites listes, comme la
rosa Liste (je vous laisse deviner quel genre de liste c'est), à avoir un représentant au conseil municipal. Qui dit petites listes dit aussi en particulier listes d'extrémistes, c'est vrai.
On est vraiment dans une situation contraire à la France, où, par peur de ne pas avoir une majorité claire qui nécessiterait une coalition, notre système de prime à la majorité est si violent qu'il réduit toute opposition à la portion congrue.
Voilà, vous en savez maintenant autant que moi sur les élections locales allemandes.
PS : je rapporte ici ce que j'ai compris des explications qu'on m'a données et ce que j'ai empiriquement déduit.
1Pour information, les couleurs correspondent dans l'ordre à la CDU/CSU, au SPD, au FDP et aux Verts.