29/03/2008Aujourd'huiAujourd'hui, je vole à Paris.
Pour quinze jours.
Deux semaines pour les concours, pour la parade. Hypocrisie, séduction et trahison à foison.
Aujourd'hui j'ai décidé de faire confiance au printemps. Malgré le froid et les averses neigeuses de la semaine, inspiré par la caresse du soleil ce matin, j'ai remisé mon duffle-coat rapé et l'ai troqué contre mon blouson usé.
Il faudrait que je renouvelle ma garde-robe.
Il faudrait que je m'achète quelques habits.
Il faudrait.
Les habits sont utilitaires. Se protéger du froid, là où mes pourtant abondants poils font défaut, et respecter les mœurs sociales en cours.
Les habits servent à mettre le corps en valeur. Cacher pour montrer. Montrer en cachant.
Deux approches. Deux visions.
Je me classe indéfectiblement dans la première catégorie, en essayant de ne pas ressembler à une grosse vache.
Je me contente d'une vache pas trop grosse.
C'est sympa les vaches.
J'aime bien.
P.-S. : je suis donc à Paris, si le cœur vous en dit... 22/03/2008Valse des déplacementsRentré de Vienne hier soir, après une semaine de travail sur place. Pas tellement eu le temps de me promener, même pas eu le temps de rentrer dans un vrai café, boire un mocca et déguster une part de Sachertorte...
Malgré mon éloignement momentané, j'ai tout de même appris que mon prochain maire en France sera à gauche. La ville rose l'est doublement maintenant. Bien.
Pour en finir avec ma série sur les élections, voici l'épilogue de mon aventure comme électeur en Bavière.
Dimanche, avant mon départ j'ai voté pour le Stichwahl (second tour) pour l'élection du maire : en lice, un candidat SPD et une candidate CSU, et pour celle du Landrat : un candidat CSU et une candidate SPD.
Eh bien, j'ai appris qu'on a élu une maire de droite et une conseillère de gauche (qui bat le candidat sortant).
Les deux femmes ont gagné.
Même dans ma commune où la candidate maire conservatrice a été élue, la candidate au Landrat socialiste obtint la majorité.
Comme quoi...
La personne serait-elle plus importante que l'étiquette ?
Pour en revenir sur ma semaine viennoise, vendredi, avant de partir j'ai pu faire un tour dans ce qu'on pourrait appeler un marché de Pâques.
Comme à Noël mais à Pâques. Vous comprenez ?
Avec des décorations de Pâques et pas de Noël.
Le mieux est de vous montrer.

N'est-ce pas joli, coloré, ovoïde ?
Tous ces œufs peints et enrubannés.
Partout.
Une belle image pour vous souhaiter de
Joyeuses Pâques ! 14/03/2008MalaiseLes quiproquos sont souvent amusants.
Mais être pris dans un quiproquo concernant la mort de quelqu'un (exemple : on vous annonce la mort de X et sous le coup de l'émotion de votre interlocuteur, vous comprenez Y et vous réalisez votre erreur 45 minutes plus tard), ça fout vraiment mal à l'aise.
Partir à 31 ans.
Saloperie de cancer.
. 13/03/2008Municipales et autres scrutins locaux (3)L'attribution des sièges
Pour les scrutins uninominaux, le principe est similaire à celui des élections présidentielles françaises : celui qui obtient la majorité absolue l'emporte. Si personne ne l'obtient, un second tour entre les deux candidats ayant obtenus le plus de voix est organisé 15 jours plus tard.
Par exemple dans ma commune nous revotons dimanche. Un second tour classique CSU/SPD. Il n'y a pas de nouvelles affiches, juste de petits autocollants sur les affiches restantes des deux candidats encore en lice, du genre : « ballotage le dimanche des Rameaux, votez Machin ». Ah si ! il y a de nouvelles affiches, posées par un des candidats malheureux du premier tour : le candidat indépendant (Ni noir, ni rouge, ni jaune, ni vert était son slogan1) appelle à voter pour la candidate CSU (oui il est très indépendant manifestement).
C'est un peu comme si entre les deux tours des présidentielles, un des perdants du 1er tour faisait des affiches « Moi, Truc, vous appelle à voter Machin ».
Pour les scrutins par liste, ce n'est pas très compliqué.
On compte pour chaque liste le nombre de voix qu'elle obtient, i.e. le total des suffrages recueillis par chaque candidat de la liste. Par exemple, s'il y a 5000 bulletins exprimés et 24 sièges à pourvoir, il y a au maximum 120 000 voix (au maximum, car il se peut que certains électeurs n'aient pas distribué toutes leurs 24 voix) réparties sur toutes les listes.
On attribue alors le nombre de siège à la proportionnelle.
A la différence de la France :
- il n'y a pas besoin d'un score minimum (ou alors peut-être 1% ?) pour obtenir des siège (nos fameux 5%) ;
- il n'y a pas de prime à la majorité ;
- la méthode de distribution des sièges à la plus forte moyenne ne doit pas être la même qu'en France.
Dernière étape : attribuer les sièges aux candidats.
Le principe est tout aussi simple : si une liste obtient n sièges, ils sont attribués aux n candidats de la liste qui ont recueilli le plus de voix. En cas d'égalité seulement, le numéro d'ordre sur la liste intervient en faveur de celui mieux placé.
On voit ici tout l'intérêt de pouvoir donner plusieurs voix à la même personne : cela permet en quelque sorte de réarranger un peu la liste, en ayant la possibilité de donner plus de poids à quelqu'un qui est en bas de la liste au détriment de quelqu'un mieux placé sur la liste mais qui ne nous plaît pas.
Un tel mode de scrutin, purement proportionnel, aide les petites listes, comme la
rosa Liste (je vous laisse deviner quel genre de liste c'est), à avoir un représentant au conseil municipal. Qui dit petites listes dit aussi en particulier listes d'extrémistes, c'est vrai.
On est vraiment dans une situation contraire à la France, où, par peur de ne pas avoir une majorité claire qui nécessiterait une coalition, notre système de prime à la majorité est si violent qu'il réduit toute opposition à la portion congrue.
Voilà, vous en savez maintenant autant que moi sur les élections locales allemandes.
PS : je rapporte ici ce que j'ai compris des explications qu'on m'a données et ce que j'ai empiriquement déduit.
1Pour information, les couleurs correspondent dans l'ordre à la CDU/CSU, au SPD, au FDP et aux Verts.06/03/2008Municipales et autres scrutins locaux (2)
Le Scrutin
Première différence avec la France (mais la France a plutôt l'air d'être l'exception que la règle), pour un scrutin donné, on ne choisit pas entre plusieurs bulletins qu'on met dans une enveloppe : il n'y a pas d'enveloppe, et un seul bulletin.
Prenons par exemple un scrutin uninominal, disons pour l'élection du maire.
Dans ma commune, il y avait 5 candidats : 5 des 6 têtes de listes pour le conseil municipal.
Le bulletin était donc une feuille, jaune, format type A5 avec la liste des 5 candidats, avec pour chacun leur nom, leur profession, la mention d'un éventuel mandat municipal en cours, suivi d'une case circulaire.
Dans l'isoloir, un gros crayon bleu. Il suffit de mettre une croix pour désigner son choix, puis de replier la feuille en deux.
De même pour l'élection au Landrat.
Les choses se compliquent un peu pour les scrutins sur listes.
Prenons le conseil municipal.
Dans ma commune, il y a 24 sièges à pourvoir.
Il y a 6 listes. Chaque liste comptant donc 24 candidats. Jusque là, rien de très exceptionnel.
Sur le bulletin, rose et au moins 3 fois plus grand, se trouvent côte à côte les 6 listes, détaillant bien sûr les candidats. On trouve une case circulaire en haut de chaque liste, à côté du nom de la liste, mais aussi une case carrée à côté de chaque candidat.
Que faut-il faire?
On peut voter simplement, pour une liste, comme en France dans les grandes communes. On met un croix dans le cercle à côté du nom de la liste choisie. Point.
Mais on peut également panacher et répartir ses 24 voix (au maximum) comme on le souhaite (comme dans les petites communes françaises). Mais ce n'est pas tout : on peut mettre jusqu'à trois voix sur une même personne ! On spécifie donc à côté d'un candidat : 1, 2 ou 3.
Vous me direz, 6 listes à 24 candidats, ça va.
Oui. Mais pour l'élection au Kreistag, il y avait aussi 6 listes. Pour 70 sièges. Votre bulletin de vote est alors de la taille d'un journal, avec 340 noms, qu'il faut déplier, re-déplier, re-re-déplier, re-re-re-déplier (n fois) pour cocher ce qu'on veut ; ça peut prendre du temps d'ailleurs, si on panache, si on pondère. La chaise dans l'isoloir (un bureau derrière un paravent) est nécessaire ! Puis on plie, on replie, on re-replie (n fois).
J'aurais aimé voir les bulletins pour le conseil municipal de Munich : 11 listes, 80 sièges. 880 noms sur la feuille. Le bottin.
Dernière remarque qui simplifie un peu la vie : lorsque vous panachez, vous pouvez quand même mettre une croix sur une liste. Admettons que vous ayez 70 voix à distribuer et que vous ayez déjà donné 3 voix à X et Y, 2 à Z, et 1 à A, B et C, soit 11 voix, reste 59. SI vous cochez une liste, vos 59 voix restantes seront attribuées au 59 premiers de cette liste à qui vous n'avez pas encore donné de voix.
Est-ce clair ?
Ce qui m'a marqué lorsque je suis allé voter :
- Les grosses urnes en métal, non transparentes.
- L'absence de solennité du moment (pas entendu d'équivalent au « a voté ») et le fait que j'ai ouvert moi-même les urnes pour y glisser mes bulletins (sous l'œil de l'assesseur tout de même !)
- On n'a pas voulu de mon passeport, on s'est contenté de ma carte d'électeur pour cocher un registre que je n'ai pas signé !
à suivre L'attribution des sièges.
PS : je rapporte ici ce que j'ai compris des explications qu'on m'a données et ce que j'ai empiriquement déduit.
04/03/2008Municipales et autres scrutins locauxCe week-end, tnÅ était venu à Munich, et tout s'est bien passé malgré la tempête. Nous avons eu de la chance. C'est vrai que ça a bien soufflé ici tout le week-end. Samedi matin, nous avons même eu un bel orage de grésil, assez impressionnant.
Rien de tout cela ne m'a toutefois empêché d'accomplir mes devoirs de citoyen.
Dimanche se tenaient dans ma commune quatre scrutins locaux, auquels, en tant que citoyen européen, je pouvais ... non – auquels je me devais de participer.
Deux scrutins municipaux,
deux scrutins au niveau du Kreis (en gros, le canton).
Deux scrutins par liste : pour le conseil municipal et pour le Kreistag.
Deux scrutins uninominaux : pour le maire et pour le représentant au Landrat.
Oui, ici ce n'est pas comme en France, on élit directement le maire, lors une élection dédiée.
Je vais vous livrer en 2 ou 3 posts les impressions que moi, petit Français, j'ai eu sur ces élections.
Bien sûr, ce sont des impressions ; ce n'est qu'un reflet probablement déformé de la réalité.
La campagne
Je ne sais pas s'il y a une campagne officielle.
J'ai reçu l'équivalent d'une carte d'électeur me spécifiant mon bureau de vote, ce pour quoi on votait, et la date du scrutin.
Mais je n'ai reçu aucun matériel électoral, c'est-à-dire, je n'ai pas de professions de foi.
J'ai en revanche eu dans ma boîte-aux-lettres, à plusieurs reprises, des tracts et des livrets de plusieurs candidats, mais rien d'officiel.
De même, je ne suis pas sûr d'avoir vu des affichages officiels, comme en France, à proximité du bureau de vote. Il n'y en avait pas à côté du mien par exemple.
En revanche les villes se sont mis à foisonner d'un affichage quasi-anarchique.
Attention, je n'ai pas dit sauvage. Non, on est loin des affichages sauvages qu'on peut voir en France un peu partout sur les murs à l'approche des élections.
Non.
Ici j'ai vu fleurir des portes-pancartes un peu partout. Porte-pancarte plus ou moins rustique, attaché au tronc d'un arbre ou d'un lampadaire, adossé à un abribus, ou simplement posé comme un tréteau au milieu de la place ou sur un trottoir. J'ai même vu de plus grand affichages, style 4x3, dressés sur une remorque, du genre remorque à foin, garée en bordure d'une route.
Sur ces affiches, on trouve des messages politiques bien sûr, ou la photo du candidat maire évidemment, ou encore les photos des 24 candidats au conseil municipal d'une liste, avec leur nom, éventuels titres, profession, nombre d'enfants... de vrais petits CV.
Voici quelques exemples d'affiches. cliquez pour agrandir
C'est plutôt amusant, atypique, je trouve parfois : par exemple, la candidate au Landrat sur la seconde affiche avance comme arguments de campagne : proche des citoyens, humaine et compétente ; compétence qu'elle n'est pas la seule à revendiquer, comme l'indique la première affiche. Celui-là d'ailleurs se vend comme un bon produit : Compétent. Qualification & expérience – Comparez !. Sur la troisième affiche, on trouve ce puissant slogan du FDP : littéralement, Le futur commence chez soi.
Quant au slogan Modern aus Tradition, je l'aurais cru bien adapté à la CSU ; en fait, non, ici c'est celui du SPD, alors que la CSU annonce Vertrauen schafft Zukunft/Ideen schaffen Zukunft! ( La confiance/Les idées crée(ent) le futur).
Tout un programme.
Il fallait donc choisir et se rendre aux urnes...
à suivre Le scrutin.
PS: Les traductions sont littérales et donc bancales ; elle sont ici simplement pour que vous en saisissiez l'esprit si l'allemand vous est hermétique.
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