18 ans
Il y a 18 ans, jour pour jour, on découvrait au journal télévisé, un peu surpris par la rapidité de la chose, que le gouvernement est allemand levait les visas de sortie du territoire. Plus tard, apprenant la nouvelle, les Berlinois, à l'est, se massaient aux postes frontières. Près du Mur.
Le Mur.
Le Mur.
Il est tombé, le Mur. Plus tard dans la nuit.
Sous nos regards à tous.
Regards quelque peu incrédules ; regards d'excitation, de joie mêlée d'angoisse. Qu'allait-il se passer maintenant. Ca semblait trop beau.
Mais le Mur est tombé, vraiment, ne s'est pas relevé.
Sous nos yeux, par télé interposée.
Des images qu'on vit et revit les jours suivants.
Aujourd'hui encore je ne peux revoir ces images sans une boule dans la gorge, des larmes aux yeux.
Emotions.
Pour les gens de mon âge, ce jour est particulier.
C'est, pour moi, le premier jour historique.
Un jour où on sent qu'on vit, non pas un événement médiatique, mais un fait qui marquera l'Histoire.
Ce fait qui modifiera nos livres d'Histoire.
Ce fait qui rendra caduques nos programmes et nos manuels scolaires.
Ce fait qui conduira, moins d'un an plus tard (quelle célérité...), à la réunification de l'Allemagne. Probablement la seule unification post-communiste en Europe ; les autres pays qui ont vu leur frontières évoluer se sont divisés, morcelés... Toujours plus.
Avant ce jour, oui, j'avais vu des événements politiques. Mais rien de cette ampleur.
Puis, cette année-là, tout s'enchaîne. A Noël, la chute, la fuite, l'hélicoptère des Ceauşescu. Leur exécution. Les images des corps en boucle à la télévision entre la dinde et les marrons. Le drapeau roumain percé.
Les vacances d'été et l'invasion du Koweit par l'Irak, prélude à notre entrée en guerre à peine passé le jour de l'an suivant........ Puis tout s'embrouille.
Nul aussi clair sentiment d'historicité pour moi que cette chute du Mur.