Vide
Faire un billet sur le blog lui-même, c'est un peu nul.
Faire un billet pour expliquer pourquoi il n'y a plus de billet c'est un peu con.
Mais j'ai décidé d'être nul et con.
C'est tendance de toute façon.
Vous pourriez me dire que depuis plus d'un mois c'est plutôt calme ici, et vous auriez raison.
Cent fois raison.
La première explication à ce silence abyssal est qu'une grande partie de mon temps de cerveau disponible est orienté sur ma recherche. Alors bien sûr, le soir je pourrais vous narrer mes aventures journalières palpitantes, comme ces luttes torrides, hier, au pied du Fort Tran au cœur de la jungle interpolatrice en combat singulier avec des splines locaux que l'on a pu vaincre grâce, par exemple, à un Akima rapidement exécuté.
Par exemple. Mais qui ça intéresserait ?
Je pourrais m'extasier ou dégueuler à l'envie sur le dernier livre que j'ai lu, le dernier film que j'ai vu, la dernière exposition que j'ai parcourue.
Sauf que.
Sauf que je n'ai pas la matière première pour.
Je ne lis plus. Je ne me cultive plus. Je ne sors plus.
Enfin si, je sors un peu. Au Biergarten.
Boire deux trois bières avec des collègues.
Mais quelques litres de bière engloutis valent-ils un billet ?
En fait, ce qui me ferait réagir en ce moment c'est l'actualité.
Oui, j'aurais eu à moult reprises envie de réagir à ce que je vois, j'entends. Mais ça m'énerve tant que je préfère ne pas m'y attarder.
Oui, la connerie m'énerve. Ici ou ailleurs.
La connerie sous tous ses visages.
Les vrais cons. Les faux cons qui imitent bien les vrais.
Les jeunes cons, les vieux cons, les petits cons, les grands cons.
La connerie dogmatique.
La connerie de la mauvaise foi.
A désespérer et à devenir misanthrope.
A désespérer et à devenir encore plus con soi-même, car au fond il n'y a pas de raisons.
Je n'arrive même plus à essayer d'en rire.
Pourtant on pourrait se bidonner de la hausse de la TVA qui devrait peut-être même faire baisser les prix. Ah ah ah. Comme me disait un collègue germain, oh oui ça fera peut-être comme ici, les prix ne monteront peut-être pas, si les salaires baissent suffisamment.
En fait, il y a un truc drôle tout de même dans cette histoire. Ce sont les restaurateurs, ou plutôt la tête de cocu qu'ils risquent de tirer. On leur a promis une baisse de la TVA à 5,5%, si ça continue, ils vont se retrouver avec un TVA à 25%. Je me marre.
Mais je ne vais pas rentrer sur le terrain de la politique générale.
Il y aurait trop à dire. Sur l'arrivisme, le manque de conviction, les petits arrangements, les mesquineries, le manque de vision globale et à long terme qu'on habille de pseudo-pragmatisme, sur l'abrutissement consentant des masses.
Et il y a pire.
Je pense à mes collègues qui, outre-Atlantique, ont à se battre contre un fléau moyenâgeux.
C'est comme la peste ou la variole, ce sont des maladies qu'on voudrait croire éradiquées. Mais non. Elles ressurgissent. Signe d'apocalypse ?
La maladie en question est le créationnisme.
D'ici que ça arrive chez nous.
Bah oui, comme ici on a tendance à faire toutes les conneries de là-bas avec un temps de retard – c'est-à-dire on applique les principes foireux une fois qu'on a vu que ça merdait bien, mais c'est pas grave on fonce –, je me méfie.
Il y a de quoi.
Le créationnisme retrouve un regain de virulence ces temps-ci, faisant passer le H5N1 – qui effrayait tant il y a deux ans – pour un virus de pacotille.
Le cerveau est gravement atteint, avec peu d'espoir de rémission.
Pour preuve ? Ce dialogue entendu et approximativement restitué :
Simplicio : La théorie de l'évolution, on ne peut vraiment pas y croire. Ce que raconte la Genèse, en revanche, c'est crédible.
Sagredo : Mais par exemple, voir cohabiter des hommes et des dinosaures, ça ne vous gêne pas ?
Simplicio : Non pourquoi ? Au Moyen-Age, les chevaliers ont tué beaucoup de dragons. Les dragons, les dinosaures, c'est un peu la même chose.
Le XXIe siècle sera régressif ou ne sera pas...
20/06/07 - 22:56
Tu écris peu certes, mais c'est puissant !
Et la conclusion... j'adore...
orpheus (visiteur - site web)