Bourgeoisie de gauche et vote blanc
Dimanche : dernier round.
Qu'on le veuille ou non, il y a une alternative. Simple.
C'est l'un ou l'autre. Ce sera le président.
Il est impossible de voter ni pour l'un ni pour l'autre, car forcément, l'un des deux sera élu : de ce fait, voter blanc (ou nul...), ce n'est pas « je choisis ni l'un ni l'autre » (cela voudrait dire qu'il est possible qu'aucun des deux ne soit choisi) mais « je choisis celui que la majorité choisira ! ».
Ceci dit, je ne refuse pas la possibilité de voter blanc, mais ce n'est pas un moyen de se mettre au-dessus de la mélée, en disant « je ne veux pas de ceux-là, ça ne me concerne pas » ; se serait, je pense, se leurrer.
Je reste sur mon analyse du premier tour concernant une partie de l'électorat dit de gauche, qui a voté Bayrou au 1er tour et qui hésite maintenant entre blanc et Ségolène. Je ne parle pas des vrais bayrouïstes de la première heure, mais de ceux qui, tout focalisé sur leur Ségol-haine, clament depuis des lustres que si cela avait été un autre du PS, ils n'auraient pas hésité.
Assez curieusement, lorsque je discute avec des gens de gauche qui n'aiment pas vraiment Ségolène, mais qui ont de la peine à joindre les deux bouts en fin de mois, qui accumulent les contrats de 15 jours, 1 mois, qui vivotent de missions d'interim, qui pointent aux assedic, qui essuient refus sur refus malgré leurs diplômes, bizarrement, ceux-là ne se posent pas de questions.
Ces gens de gauche là ont fait leur choix.
Pas comme les sus-cités qui ergotent, hésitent, voterai-je blanc ? orange ? Bayrou ? DSK ? (oh oui, ce serait si drôôôôôle Daaaaaaaaaarling (de voter nul))
D'un autre côté, je peux comprendre qu'ils s'en foutent un peu du résultat.
Ils ne sentent pas d'épée de Damoclès au-dessus de leur tête, ceux-là.
Certains, je pense, auraient même des intérêts personnels à voir Sarkozy élu.
Alors qu'ils passent à droite et qu'ils l'assument, merde.
Dimanche, chaque Français choisira entre deux modèles de société.
Personnellement, vous le savez.
Je ne veux pas que la France fasse sa révolution conservatrice ;
je ne veux pas d'un système de santé franchisé ;
je ne veux pas d'une France qui creuse encore plus le fossé entre les plus riches et les plus pauvres ;
je ne veux pas d'une société qui sera en permanence au bord de l'implosion sociale ;
je ne veux pas d'un système qui concentrera les pouvoirs politiques, médiatiques et économiques ;
je ne veux pas d'une France inégalitaire où l'héritage paiera plus que le travail ;
je ne veux pas d'un état qui monte les Français les uns contre les autres ;
je ne veux pas d'une France qui se focalise sur certains tricheurs et oublie les plus gros profiteurs ;
je ne veux pas d'une France qui se persuade que l'herbe est plus verte à côté ;
je ne veux pas d'une France pour qui toute forme d'aide est forcément de l'assistanat ;
je ne veux pas d'une France à qui l'avenir de la planète est indifférent.
Entre DSK et Fillon comme premier ministre, je n'hésite pas.
Je voterai dimanche.
Qu'importe les sondages.
Probablement débarquerai-je mardi dans une France sarkozyste.
Peut-être pas.
C'est à chacun de choisir ; il est trop facile de rejeter la faute sur les autres, sur les résultats du premier tour ou que sais-je encore.
04/05/07 - 16:00
Il me serait difficile de ne pas me sentir visé, mais j'apprécie ce texte.
jeuneparisien1978