Le nom d'une rue
Avant 1997, je connaissais Paris comme un touriste, du moins comme un p'tit gars de province à qui les cousins franciliens montrent les incontournables.
Quand on est touriste, guidé qui plus est, on ne connaît pas le nom des rues. Une rue est une rue, sans nom. Un nom n'est pas nécessaire. On n'est pas assez intime.
J'exagère.
On connaît les Champs-Elysées.
On connaît l'avenue Henri-Martin (c'est rouge, ça, non ?), la rue de Vaugirard (la plus longue), la rue de la Paix...
Mais cela reste des mots. Difficile d'y attacher quelque chose.
Cependant, il y avait pour moi une exception.
La rue Broca, et surtout la rue Mouffetard.
Pour sa sorcière.
Nadia. Papa Saïd...
Pendant une dizaine d'années voilà ce qu'était cette rue, ce qu'elle représentait.
Lorsque j'ai eu l'occasion de me promener seul à Paris, en 1997, j'ai sillonné le quartier latin et je suis allé découvrir cette fameuse rue Mouffetard.
Un pélerinage. J'aurais pu être déçu ; mais quand connaît cette rue, à l'ambiance si particulière, que l'on descend avec délectation de la place de la Contrescarpe à l'église Saint-Médard, les glandes salivaires de plus en plus sollicitées par réflexe pavlovien, le regard parfois attiré par une antique enseigne, témoin de son histoire, on reste émerveillé.
J'aime toujours cette rue.
J'aime y passer parfois. Un samedi en fin de matinée. Tous sens en éveil.
Vérifiant qu'aucune petite fille ne transporte une boîte de sauce tomate.
30/01/07 - 16:29
je l'ai lu à ma fille lol la "sorciére de la rue Mouffetard" j'aimais bien lire les belles histoires
tomreveur