Fitz

30/09/2007

30/09/07 - 20:09

Discussion de comptoir


— Notre garde des sceaux me fait penser à C. Rice, tu ne trouves pas ? Pas physiquement bien sûr, mais dans ce qu'elle représente.
— Je ne sais pas. Moi, quand je la vois, je pense irrémédiablement à Flor de la Cruz...

30/09/07 - 11:34

Citation attitude et philo de comptoir


— C'est ça le problème quand on n'est pas immortel, on rate le futur.

Galcéran de Born, in Iacobus de Matilde Asensi


Qui ne s'est jamais fait cette réflexion ?
Qui n'a jamais eu envie de savoir comment le monde aller évoluer, et ne s'est jamais attristé de ne pas pouvoir voir ce qui adviendra après nous, de ne pas pouvoir y participer ?

Même si, aujourd'hui, à la tournure que prennent les choses, je ne suis pas sûr d'avoir vraiment envie de voir ce que sera demain.
Mais il y avait une époque, où, encore plein d'enthousiasme et de foi en l'Homme, j'étais triste en me disant qu'on lisait quelques pages d'un roman – en tentant d'écrire si possible quelques mots nous-même – mais qu'on ne connaîtrait jamais le dénouement de l'intrigue... ( enfin normalement ; mais il est vrai qu'au train où vont les choses...)

D'un autre côté, si on était immortel, il n'y aurait probablement pas de futur. Il y a futur s'il y a évolution ; et il ne peut y avoir évolution s'il y a immortalité.

...

Sur ces passionnantes réflexions, je vais me prendre un bain, moi.
Avec de la mousse.

21/09/2007

21/09/07 - 19:17

De Neuschwanstein à La Palma

Samedi dernier, j'ai fini à temps ma présentation et j'ai pu imprimer le poster en fin de journée. J'ai voyagé dimanche jusqu'à Tenerife tranquillement, via Madrid, avec (comme toujours, ou presque) du retard. Enfin, un peu seulement ; 30 minutes. J'ai seulement eu une petite frayeur a posteriori à la réception de mon bagage, qui mit un peu de temps pour arriver, mais qui arriva. Il arriva, mais sans étiquette. L'étiquette d'identification avait été retirée, à Madrid probablement. Heureusement qu'il ne s'est pas perdu, je ne suis pas sûr que je l'aurais revu sinon.
Je suis donc parti l'esprit tranquille, bien que je n'avais pas été raisonnable jeudi en prenant ma journée. Mais c'était pour la bonne cause. Il me fallait emmener ma tante et mon oncle à Neuschwanstein. Il eut été dommage de venir à Munich sans voir un peu les lacs et montagnes de Bavière ni aucun des châteaux de Louis II.
Même si la visite est toujours très chère et particulièrement frustrante tant elle doit se faire au pas de course, le cadre, autour, est vraiment somptueux.
Avec le temps, ma perception de Louis II évolue un peu. Du mégalo égocentrique méprisant le peuple, il est devenu ce rêveur voulant se construire un monde idéal (quitte à ruiner un pays) pour lequel j'éprouve au fond une certaine forme de tendresse. Je lui trouve un côté Lovecraft, méprisant ses semblables, fuyant le monde pour s'enfermer dans un univers onirique...

Lundi en fin de journée, avec quelques collègues, nous avons pris le bac pour La Palma. La isla bonita. Nous sommes arrivés à minuit dans un hôtel d'un standing auquel je ne suis pas habitué. Un hôtel en bord de mer, à quelques dizaines de mètres d'une plage de sable noir.
Là, je vous écris de mon balcon, profitant temporairement du wifi qu'on nous a installé spécifiquement pour la conférence, face à la mer, bercé par le roulement perpétuel des vagues.
Trois jours assez intenses de travail fructueux je pense. Mes travaux (alimentaires sur ce coup) furent plutôt bien accueillis. Ca fait toujours plaisir.
Aujourd'hui c'était relâche : visite de l'observatoire.
C'est la première fois que je vois un télescope de 10 m.
Impressionnant...
Le temps est plutôt couvert. Ce week-end nous restons faire un peu de tourisme. Je vous montrerai les photos à l'occasion. On se ferra une soirée diapo. Non non, ne me remerciez pas. Si si, ça me fais plaisir, j'insiste...
Retour à Tenerife dimanche soir.
Une semaine de travail.
Puis retour samedi prochain en terre allemande.

10/09/2007

10/09/07 - 10:39

Flux destructurés. 2, 7, 1, 5, 10, 8...

Ca va être une banalité.
On se laisse parfois dépasser par les événements, même simplement par le temps qui passe.

Comme ces matins où on se réveille, on regarde l'heure, on a bien encore cinq minutes, on cligne juste les paupières et plus d'une heure s'est écoulée.
Parfois on se laisse porter par le flot du temps comme sur un long fleuve tranquille en contemplant sereinement le paysage. Parfois subitement, on est pris dans des rapides, on perd pied, on garde juste la tête hors de l'eau en évitant de s'assommer sur les rochers. Et quand on a cinq secondes de répit, on se retourne et on réalise avec surprise la distance parcourue.
On ne voit pas le temps passer. Son temps. Ce temps subjectif, bien différent du temps physique – réel oserai-je dire –, source (conséquence ?) de la causalité.

C'est un peu mon cas en ce moment.
Mon temps se destructure presque.
Je réalise soudain qu'on est déjà... alors que je pensais qu'on était seulement...

Hier dimanche, j'ai commencé à faire découvrir à ma tante et son compagnon Munich.
Dimanche dernier à midi je mettais tnÅ dans un avion pour Paris, avant sa rentrée, après un court (très court, trop court) week-end.
Dimanche prochain je prendrai à mon tour l'avion pour retourner à Tenerife ; y travailler cette fois. Deux semaines.

Samedi je récupérais ma tante à l'aéroport. Samedi prochain je l'y remmènerai.
Vendredi il y a huit jours, j'accueillais tnÅ à l'aéroport, après y avoir laissé ma stagiaire. Oui elle est partie, il y a donc dix jours déjà. Arrivée il y a huit semaines déjà.
Sept semaines que je n'ai qu'à peine vu s'écouler. Sept semaines de temps donné, d'énergie dépensée.
Utilement j'espère.
Oui j'espère. J'espère qu'elle saura faire fructifier ce petit capital que j'ai tenté de transmettre.

Et là il faut boucler avant de partir, dans six jours.
Que de temps perdu la semaine dernière ! Deux jours de déprime, de spleen, de mélancolie. Ca vous prend au creux des reins Ca vous met hors du temps. Mais le temps ne vous attend pas. Jamais.
Vous luttez.
Une journée pour s'en remettre. Deux jours pour tenter – vainement bien sûr – de rattraper le temps perdu. On grapille bien quelques secondes, mais le sable glisse toujours entre les doigts.

Ne pas paniquer.
Dans une semaine, il faudra de toute façon l'avoir fini pour le présenter, ce travail.
Dans trois semaines, je serai rentré.
Dans vingt-cinq jours, je ferai une pause à Paris.
Sur mon rocher. Mon île.
Dans mon havre.

Le temps s'arrêtera autour de moi.

 

L'image de la bannière et celle de l'avatar ont été créées d'après une illustration de M. Whelan sur la couverture de "l'Assassin du roi" (R. Hobb, France Loisirs Ed.).
Les photos sont de moi, sauf mention contraire.

eXTReMe Tracker