Fitz

29/08/2007

29/08/07 - 20:37

Lumières

Il y a quelques jours de cela, un soir, je me fis surprendre par l'orage, et me retrouvai bloqué au laboratoire par une pluie battante qui n'en finissait pas. Ce n'était pas gênant de toute façon, j'avais un travail en cours suffisamment prenant pour être suffisamment occupé.
La pluie ralentissait, onze heures allait sonner, je me décidai à rejoindre la station de métro. L'intempérie avait perturbé le trafic, naturellement.
J'attendis une trentaine de minutes, plus du temps qu'il ne m'aurait fallu pour parcourir d'un bon pas la distance qui me séparait de mon domicile.
Mais au moins j'étais au sec.
Le métro arriva, repartit et me déposa, quelques minutes plus tard, à destination, une station plus loin.
La pluie avait alors cessé, mais l'orage grondait encore quelques kilomètres au nord.
Pour finir mon parcours, il me fallait traverser, sur quelques centaines de mètres, une zone complètement à découvert : à droite, un champ de quelques hectares, à gauche un chantier tout aussi vaste. Je marchais sur ce trottoir nouvellement construit, qui longe le tracé de l'ancienne route, récemment détruite ; un trottoir sans éclairage urbain, celui-ci ayant subi le même sort que la chaussée. Je me trouvait donc à cet endroit dans une pénombre qui contrastait avec l'environnement lumineux de la zone habitée qui le précédait.
Je marchais là, écoutant le tonnerre rouler, regardant les éclairs illuminer sporadiquement le paysage. A mi-parcours, au plus fort de l'ombre, je réalisai que l'environnement avait quelque chose d'anormal. Autour, le tonnerre, les éclairs ; et à mon zénith, les étoiles. J'étais cerné de nuages orageux, mais à la faveur d'une grande trouée, le ciel au-dessus de moi était dégagé, laissant apparaître Véga, Altaïr, Deneb – le Triangle d'été – dans leur constellation respective, le Dauphin ou Cassiopée, même la Voie Lactée était perceptible. Tout était magnifié par l'obscurité, même relative, seuls les lumineux spasmes orageux venaient m'aveugler par intermittence.
Mais la rencontre de ces étoiles, scintillant de leur éclat si fragile, et de ces éclairs, brefs et intenses, rendait ce spectacle un peu surréaliste, un peu magique, inattendu.

26/08/2007

26/08/07 - 15:51

En attendant sa valise

Samedi 14 juillet. Nous sommes à Paris.
L'avant-veille nous arrivions de Tenerife via Madrid à 22h. La plus petite de nos deux valises était arrivée fièrement en premier sur le carrousel. La plus grande n'arriva pas, égarée dans les limbes aéroportuaires. Nous effectuâmes les démarches idoines. Ouverture d'un dossier. Description du bagage. Consignes de livraisons. Adresses. A Paris, en Allemagne. On nous dit qu'elle nous sera livrée probablement le lendemain ou le surlendemain. Nous avions hésité à entamer le trajet jusqu'à Munich dès le samedi, pour prendre notre temps, fractionner le voyage, le convertir en une longue promenade. Nous n'hésitions plus. Nous rentrerions dimanche, d'une traite.

Voilà pourquoi nous sommes à Paris ce 14 juillet, à attendre un bagage qui ne nous sera finalement délivré que le mardi suivant, à Munich.
Une semaine plus tôt, nous nous baladions dans les brumes du massif de l'Anaga, au milieu de la forêt de lauriers de Las Mercedes.
Une semaine plus tard nous serons à Ratisbonne, dans cette charmante bourgade bavaroise posée sur le Danube, particulièrement bien préservée des destructions de la guerre.


Et je me dis que nous avons bien de la chance de pouvoir en deux semaines de temps, être en des lieux si différents.

Un 14 juillet à Paris donc.
Cette année, si on se contente de suivre les médias, on peut douter qu'il y aura un feu d'artifice. En effet, il y a un grand concert populaire offert pour notre Überprésident, avec en clou un Polnareff dont je n'ai toujours pas bien compris où il en était avec les impôts.
Mais au bout du compte, oui, il y aura bien un feu d'artifice, après le concert.
Nous décidons d'aller l'admirer.
Comme le lendemain, il nous faudra nous lever et partir de bonne heure, nous décidons de ne pas nous aventurer sur le Champ de Mars et sa cohue.
D'un commun accord, nous décidons de nous rendre au parc de Belleville, peu éloigné de chez nous et donnant une vue dégagée sur la ville, le Trocadéro, la Tour Eiffel.
Nous nous y rendons après avoir entendu du dit-président un discours qui se partageait entre propos ineptes et pathétiques. Navrant.
En arrivant sur les hauteurs de Belleville, nous réalisons que, bien entendu, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée. Toutefois, puisque nous sommes arrivés en avance, nous pouvons nous garder une place près de la rambarde, permettant de contempler la vue. Pendant que la nuit tombe, autour de nous, des gamins, plus ou moins grand, plus ou moins jeunes, plus ou moins vieux, brûlent feux de bengale, pétards, fusées, dans des conditions parfois dangereuses.
Puis le spectacle commence, au loin.
Mais dans cette petite foule qui se presse sur ce promontoire trop étroit, seules les deux premières rangées peuvent voir ces petites déflagrations colorées que nous sommes venus admirer.
Les cris fusent à l'arrière :
— Ca a commencé ?
— On voit rien !
— Racontez-nous au moins !
Devant on commente :
— On y peut rien c'est bas !
— Il y en a une jolie là, ça scintille plein !
— C'était pas plus haut d'habitude ?
— Oui je pense.
— C'est normal ! c'est le président qui paie, alors pour ne pas le vexer, ils ont dû faire quelque chose à sa hauteur.
— Oh la belle verte...
— Et encore une...
— ...et une autre !
— Tiens, il a viré écolo maintenant ?
— P'têtre, mais les précédentes elles étaient rouges, alors...

Une petite dame non loin de nous s'amuse de ces commentaires et explique à une amie : « C'est à ce genre de détails que tu te rends compte qu'on est à Belleville ».



Finalement, ce 14 juillet, nous n'étions pas à Paris.
Nous étions à Belleville.

25/08/2007

25/08/07 - 16:48

Dépucelage

Ca s'est passé il y a deux jours.
Hop, perdu.
J'ai reçu ma première invitation à participer à cette chaîne blogesque qui tourne depuis si longtemps maintenant.
Comme celle-ci n'est pas contraignante et que c'est le charmant Evrat qui me l'a demandé, je me sens bien incapable de refuser.
Alors voici...

règles du jeu :
Chaque blogueur « tagué » doit énumérer sur son blog sept choses le concernant, ainsi que le règlement. Le blogueur doit ensuite « taguer » 7 personnes, c'est-à-dire les citer sur son blog, puis leur envoyer un message les invitant à venir lire ce règlement et à poursuivre la chaîne.

1) Je suis du genre superstitieux, même si ça s'arrange avec le temps. Je ne crains ni les chats noirs ni les échelles, mais c'est vrai que j'ai tendance par exemple à retourner un pain pour qu'il respire, et surtout à faire des paris (comme « tout se passera bien si je traverse ce carrelage sans marcher sur une ligne », « si j'arrive à compter jusqu'à vingt avant que le feu ne change de couleur, ça veux dire que... »). Absolument irrationnel... C'est mon côté Shadok : il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas.

2) Je déteste avoir à faire des démarches par téléphone ; je préfère de loin le mail.

3) Parfois, j'aime bien trouver un peu de tendresse dans un film porno, c'est mon côté fleur bleue.

4) Je n'ai pas de téléphone portable. Je n'en ai jamais eu. Ca viendra ; lorsqu'il existera des offres qui me conviendront ou que ce sera devenu bon marché ou que j'y serais obligé.

5) Je tremble. La moindre excitation, la moindre émotion, positive ou négative, me fait trembler. Parfois j'arrive à le contrôler ; souvent, non.

6) Je suis affreusement empathique. Une véritable éponge. C'est handicapant. Je ne sais pas si c'est lié, mais je n'arrive que rarement à me réjouir ou m'amuser de la médiocrité des autres. Là où beaucoup en font un moyen inconscient de glorifier leur ego, ça ne me renvoie qu'à ma propre médiocrité.

7) Je ne sais pas ce que je ferai dans un an.

Je passe le relais à Timide, Atchoum, Dormeur, Prof, Simplet, Grincheux et Joyeux... Hein? Je ne suis pas le premier à la faire ? Peut-être, mais je m'en fous, ça m'amuse. Car au fond, 8) j'ai des plaisirs simples.

18/08/2007

18/08/07 - 12:10

Missions à Complies

Bilan du vendredi 10 août :
Mission Ratatouille : réussie
Mission Vélib' : réussie
Taux de réussite : 100%

Aucun problème dans les transports, et même de l'avance, faisant qu'à 21h j'étais déjà chez tnÅ. Hermès était manifestement avec moi (c'est une image hein, j'étais tout seul pendant le voyage... Mais si le vrai est callipyge comme celui de Praxitèle (bon disons d'Olympie pour éviter toute polémique) j'aurais bien partagé un bout de chemin avec lui (pour sa conversation, naturellement)).

Nous avons vu le film à la séance de 22h15 à Opéra, mangé un morceau, puis comme il était plus de 1h, nous sommes rentrés en Vélib' (le temps de trouver une station non vide) aux Buttes-Chaumont. Peu après 3h, et après un câlin bien mérité, Morphée est venu nous voir. A 5h30, le réveil fut un peu difficile, mais moins que l'au-revoir sur les quais de Gare de Lyon un peu plus tard, une fois le petit déjeuner englouti.

Vélib', quand ça marche, rien à redire, c'est parfait.

Ratatouille. Vous savez, quand on attend impatiemment quelque chose, on est souvent un peu déçu. Eh bien pas là. Je vais faire court : c'est beau, c'est drôle, c'est fin, c'est sensible et tendre sans être niais. L'histoire est simple sans être simpliste. Parfois c'est vraiment somptueux, à en oublier qu'on regarde un dessin animé. Cela m'a mis d'excellente humeur. Ratatouille rejoint Mon Voisin Totoro dans mon panthéon.
Sans compter que, comme d'autres l'ont dit, le court-métrage précédant le film est absolument hilarant. Un grand moment.
Pour finir, j'ai un appel à témoins à faire passer : je connais la vitrine du « dératiseur » qui est montrée dans le film. Impossible de la resituer. Si quelqu'un peut m'aider...

09/08/2007

09/08/07 - 21:33

Pulsion

Quand j'ai vu la bande-annonce de Ratatouille, je me suis dit : il faut que je le voie.
Quand, plus tard, j'ai de nouveau vu une bande-annonce, je me suis dit : il faut vraiment que je le voie.
Quand j'ai vu les affiches en transitant par Paris, je me suis dit : il faut absolument que je le voie.
Quand je lis les avis des copains et copines, je me dis : pourquoi je n'ai toujours pas pu aller le voir ? Bouhouhouhouhou
Sortie en Allemagne en octobre.

Alors demain soir, j'arrive à Roissy à 20h15, je passe poser mon sac chez tnÅ, et on tente de choper une dernière séance si ce n'est pas trop tard.
Le lendemain matin, je prends un TGV gare de Lyon à 7h30 voir la famille dans ma campagne bourguignonne.
Ils devaient venir, mais au dernier moment, il s'est décidé que c'est moi qui irai à eux (vive les miles et les billets gratuits à 75€).

J'ai donc un petit créneau horaire pour un ciné, s'il n'y a pas de problèmes de transport.

Croisons les doigts!

07/08/2007

07/08/07 - 22:06

Bon goût

La mise en place de BDM dont l'objectif serait de faire régner le bon goût et de verbaliser les terroristes du mauvais goût ne peut pas se faire sans problème.
Il faudrait tout d'abord définir les lignes entre ce qu'il est de bon goût de faire ou de porter, ce qui ne l'est pas, et ce qui est répréhensible. Il faut définir une loi, une charte, une règle.
Il faut tracer le cadre d'une morale du goût.
Pour ce faire, il nous faut la définir de la façon la plus universelle qu'il soit.
Théoriquement, le beau est universel ; ce doit être une des qualités essentielles de ce concept. Une œuvre est belle si – et seulement si – elle est universellement reconnue comme telle. Ne pas reconnaître la beauté d'une œuvre, c'est commettre une faute de goût. La trouver là où elle n'est pas, aussi.

Pour définir le bon goût, il faut donc définir le beau.

On est pas couché.
Car, si le beau est universel, ce n'est pas pour autant qu'il est majoritairement reconnu. Il est possible que la majorité fasse une faute de goût.
Oui, on le sait bien, ce n'est pas parce que la majorité dit quelque chose, que c'est vrai.

C'est pourquoi l'approche de la Michaflapi me semble plus prometteuse, car, tout en étant porteuse d'universalité (« Chacun fait fait fait c'qui lui plaît plaît plaît » me semble un message universellement compréhensible), elle est beaucoup plus facile à définir, puisqu'elle n'a pas de frontière, de cadre, de loi (si ce n'est un commandement simple).

Et puis il y a une dernière chose.
Je m'imagine un instant que mes collègues germains décident de monter également des BDM.
Il faudrait alors que je porte des chaussettes dans mes sandales.
Et CA, c'est hors de question.

06/08/2007

06/08/07 - 21:48

L'été ?

Je bulle.
Dès potron-minet.


06/08/07 - 21:42

Les dimanches se suivent

Dimanche 5 août
Premier dimanche seul depuis bien longtemps déjà. J'ai profité du beau temps pour faire une petite marche (10km) le long de l'Isar. Pas mal de vélos, quelques joggeurs, des baigneurs, un ou deux naturistes, quelques cavaliers, un marcheur.

Dimanche 29 juillet
Dernière journée avant la séparation à Roissy, lundi à 7h.
Une tentative ratée de profiter de Vélib'. J'ai récolté, en guise de ticket d'abonnement journalier, d'une belle carte blanche, vierge de toute inscription. De toute façon, tous les vélos que nous avons vus n'étaient pas disponibles... Tant pis. La prochaine fois...
La question du jour sera pour moi : Mais qu'est devenu Spidercochon (Spaïdeurpigue) ? Je n'ai toujours pas de réponse. Ca ne cesse de me turlupiner. Je suis ouvert à toute explication...

Dimanche 22 juillet
Une journée tranquille en amoureux autour de Munich.

Dimanche 15 juillet
Départ de Paris vers 7h. Un café et des croissants à Sézanne, un pique-nique à Mommenheim. Arrivée le soir à Munich. Une journée de transport.

Dimanche 8 juillet
Une promenade au Barranco del Infierno. Cet endroit a changé en sept ans. La première fois que j'ai fait cette petite randonnée avec un collègue, nous n'avions croisé, en tout et pour tout, qu'un autre binôme au cours de la promenade de 7-8 km aller-retour dans cette gorge. C'était pourtant un week-end, à la même saison. Aujourd'hui l'accès est restreint (200 personnes par jour, 80 personnes en même temps) et payant en semaine. Nous avons dû patienter. La promenade est sympathique. On passe progressivement d'un milieu aride à une végétation plus luxuriante à mesure qu'on se rapproche de la source.
Fin de journée à la plage.


Les dimanches se suivent.
Se ressemblent-ils ?

05/08/2007

05/08/07 - 20:30

Légende

Avec seulement trois semaines de retard (qu'est-ce dans une vie ? Chi va piano va sano, je préserve mon blog, si fragile, d'efforts intenses), voici la légende des quelques photos de Ténérife prises en juillet.

1)La plage de sable blanc (importé du Sahara) de Las Teresitas, sous le village de San Andrés, à quelques kilomètres au Nord de Santa Cruz, la capitale (en arrière-plan). Au loin, on devine le Teide, toit de l'Espagne culminant à 3718m.
2)Auditorium de Santa Cruz. Au bord de la mer, cette œuvre de l'architecte Santiago Calatrava inaugurée en 2003 a un petit côté opéra de Sydney...
3)Le dragonnier millénaire à Icod de los Vinos, probablement âgé de 700 ou 800 ans. J'aime beaucoup les dragonniers et la structure de leur branchage quasi-fractal. Le dragonnier est un arbre emblématique des Canaries.
4)La pyramide, observatoire solaire à Izaña.
5)La Tarta, proche de l'observatoire, sur la Carretera Dorsal. La route entaille des strates de sables volcaniques colorés.
6)La playa Jardín, typique plage de sable basaltique dans le fief allemand de Puerto de la Cruz.
7)Los Roques de García et le Teide. Le Rocher qu'on voit ici, avec sa base, érodée, plus étroite que le sommet est connu dans toute l'Espagne pour avoir figuré sur les billets de mille pesetas.
8)Vue depuis le Pic de l'Anglais sur une véritable cascade de nuages dans l'Anaga. Les Alizés poussent les nuages sur le flanc nord-ouest du massif, où l'on trouve de fait une magnifique forêt, et les nuages « tombent » et disparaissent en passant la crête, laissant l'autre versant aride.


Piouh, je me suis fait suer à faire cette carte, rien que pour vous...

C'était mon second séjour à Tenerife, après les quatre mois que j'y avais passés au printemps et à l'été 2000, mais une découverte pour tnÅ. Cet endroit me procure des sentiments contrastés. Autant la côte est globalement laide et désagréable, ravagée par le tourisme de masse ou par les constructions complètement anarchiques (et ça n'a fait qu'empirer en sept ans), autant le cœur de l'île regorge d'endroits magnifiques, enchanteurs, que ce soit le massif d'Anaga et la forêt de Las Mercedes, celui du Teno, la Carretera Dorsal et bien sûr le parc du Teide...

Je suis presque sûr qu'on y retournera...

 

L'image de la bannière et celle de l'avatar ont été créées d'après une illustration de M. Whelan sur la couverture de "l'Assassin du roi" (R. Hobb, France Loisirs Ed.).
Les photos sont de moi, sauf mention contraire.

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