24/05/2007SémantiqueUne astuce politique fréquente dans certains courants de pensée pour faire passer une idée, un projet, une loi réactionnaire, voire liberticide, consiste à faire appel à l'émotionnel pour oblitérer la raison et la réflexion, à favoriser le réflexe, la peur, la protection au détriment de l'intellect. Pour cela on évoque un fait violent, barbare qui nous révolte tous et on s'en sert comme point de départ pour justifier sa proposition. Il est alors très dur de s'opposer sur le moment, car celui qui tenterait une telle opposition serait immédiatement perçu ou présenté, au mieux comme insensible, au pire comme inhumain et du côté des barbares.
Je suis souvent sidéré de voir à quel point ceux qui nous informent cherchent, en certaines circonstances, à jouer sur l'émotion, en jouant sur les mots, dans le but de grossir le danger, le dégoût ou l'horreur. Ce matin par exemple, j'entends à la radio que, dans le nord-est, ces dix derniers jours, deux tentatives d'enlèvement d'enfants avaient échoué : hier un garçonnet de 2 ans et demi ; il y a dix jours une jeune fille de 18 ans.
A 18 ans, parler de jeune fille, mouaif, mais d'enfant...
Il y a déjà quelques temps, je ne sais plus pour quelle sordide histoire de viol, il était question de deux fillettes de 9 et 14 ans.
Fillette, à 14 ans, je tique.
D'autant que si une fille de 14 ans commet une agression, on ne la qualifiera jamais de fillette, probablement même pas de jeune fille (il y a un côté « sage » dans cette expression), mais probablement d'adolescente (donc forcément à problèmes). De même, si l'agresseur a 18 ans, on parlera sûrement plus volontiers de femme voire de jeune femme.
Mais lorsqu'il est question d'une victime, pour renforcer le pathos, on jouera sur le champ lexical de la petite enfance, c'est-à-dire celui de l'innocence.
Je trouve cela malsain et quelque part indigne.
21/05/2007Air du tempsL'analyse des requêtes google qui mènent à moi sont, comme pour tous, parfois désarmantes, parfois désolantes, parfois amusantes.
Depuis deux semaines, je les trouve révélatrices.
Tout d'abord, j'observe une recrudescence du nombre de ceux qui se demandent comment trouver leur numéro de télédéclarant. C'est une de mes requêtes phares, conséquence naturelle d'un des tout premiers posts, mais sa fréquence est un bon traceur pour suivre les échéances fiscales importantes...
L'autre requête qui a la cote depuis quinze jours concerne le président de la république française : nombreux sont ceux qui se demandent si Sarkozy est maniaco dépressif.
C'est un peu tard pour se poser la question, il me semble.
Sinon, il y a un an, après un long moment d'hésitation, j'ai fini par ouvrir cet espace vaguement blogesque.
Le temps passe vite...
13/05/2007Court BilanOuf ! A 33 points près, on a évité la mouche tsé-tsé, trois ans après Xéna la guerrière.
L'an prochain, nous irons à Belgrade.
Notre favorite et préférée, à tnÅ et moi, a gagné.
Il y a longtemps qu'une chanson non interprétée en anglais n'avait gagné.
Sinon que dire ?
Rien de nouveau sous le Soleil, les votes communautaires dominent largement.
La séance des points devient vraiment chiante, tant elle est prévisible...
La Russie avec sa chanson chiante comme la pluie a fini troisième.
Le bellâtre biélorusse tant attendu a fini 6e seulement.
Outre la serbe, les chansons que j'aime bien ont fini 15e (Slovénie), 9e (Hongrie) et 13e (Roumanie). La chanson jazzy des allemands pointe à la 19e place. Je l'aime bien, ça tombe bien : je vais probablement avoir à l'écouter en boucle sur Antenneuh Bayeeeeern.
Les commentaires de Tex et Lepers étaient simplement insupportables. Non seulement ils ne connaissent strictement rien à l'eurovision, mais ils ne sont même pas capables de lire les résultats quand ils s'affichent. Au milieu des blagues carambar de Tex, nous avons eu droit à de belles leperseries. La plus belle fut probablement lorsque, après la dernière chanson et avant le début des votes, nous avons eu un plan sur le superviseur de l'UER, Julien a eu cet éclair : « Est-ce qu'il a déjà les résultats ? » avant de réagir à sa propre connerie : « Ah bah bien sûr, non, puisque personne n'a voté encore ».
11/05/2007La Suisse jospiniséeCertains la voyaient favorite,
mais elle n'a pas passé le premier tour ;
la Drama Queen danoise non plus d'ailleurs,
out également les Pays-Bas qui avaient pourtant investi dans une valeur sûre.
Heureusement mes chouchous serbe et slovène sont passées.
Ce sont les seules à m'avoir fait frissonner.
08/05/2007Avis à la populationJe vais bientôt partir, comme je l'ai déjà annoncé, pour Paris. J'y serai jusqu'à la fin du mois : c'est la période des concours (la migration de printemps se fait un peu tard cette année).
Bien que ce blog soit suffisamment intime, mais comme je ne veux forcer la main à personne, je ne citerai aucun nom ; si vous avez envie qu'on se retrouve devant un verre, une bière, un café, pour une promenade ou que sais-je encore, sur Paris ou dans les environs d'Orsay, dites-vous que moi aussi j'ai envie de vous (re)voir ou de vous rencontrer :-)
Faites moi signe par message, mail, pigeon voyageur, qu'on puisse s'arranger.
En tout état de cause, bonne semaine en Sarkozie.
07/05/2007En AllemagneVote des Français résidant en Allemagne :
* M. Nicolas Sarkozy : 8726 40,9%
* Mme Ségolène Royal : 12596 59,1%
à Munich :
* M. Nicolas Sarkozy : 1896 44,1%
* Mme Ségolène Royal : 2401 55,9%
Alors que ceux vivant en Suisse ont plébiscité N.S.
Etonnant, non ?
Pas vraiment...
06/05/2007Considération météoD'Allemagne (de Suisse, de Belgique), le ciel semble TRES sombre, même si certains myopes le voient bleu azur.
Pas la peine que je regarde vers l'ouest ce soir : aucune chance de voir un peu de rose orangé au soleil couchant... A voté (aussi)Ce matin à 11h15.
Je n'ai qu'attendu 15-20 minutes.
Fort de l'expérience de la semaine dernière, ils avaient réorganisé le système, installé un bureau de vote en plus, scindé les queues.
Je vais essayer de faire un peu de rangement, de ménage, de lessive.
Mardi matin je pars pour Paris.
Pour 4 semaines. 05/05/200704/05/2007Et la recherche dans tout ça ?A voir, ça vaut le coup d'oeil :
"Quand vous avez un problème dans les banlieues, envoyez les astronomes d'abord, la police après".
Voir aussi la page de sauvons de la recherche.
Bourgeoisie de gauche et vote blancDimanche : dernier round.
Qu'on le veuille ou non, il y a une alternative. Simple.
C'est l'un ou l'autre. Ce sera le président.
Il est impossible de voter ni pour l'un ni pour l'autre, car forcément, l'un des deux sera élu : de ce fait, voter blanc (ou nul...), ce n'est pas « je choisis ni l'un ni l'autre » (cela voudrait dire qu'il est possible qu'aucun des deux ne soit choisi) mais « je choisis celui que la majorité choisira ! ».
Ceci dit, je ne refuse pas la possibilité de voter blanc, mais ce n'est pas un moyen de se mettre au-dessus de la mélée, en disant « je ne veux pas de ceux-là, ça ne me concerne pas » ; se serait, je pense, se leurrer.
Je reste sur mon analyse du premier tour concernant une partie de l'électorat dit de gauche, qui a voté Bayrou au 1er tour et qui hésite maintenant entre blanc et Ségolène. Je ne parle pas des vrais bayrouïstes de la première heure, mais de ceux qui, tout focalisé sur leur Ségol-haine, clament depuis des lustres que si cela avait été un autre du PS, ils n'auraient pas hésité.
Assez curieusement, lorsque je discute avec des gens de gauche qui n'aiment pas vraiment Ségolène, mais qui ont de la peine à joindre les deux bouts en fin de mois, qui accumulent les contrats de 15 jours, 1 mois, qui vivotent de missions d'interim, qui pointent aux assedic, qui essuient refus sur refus malgré leurs diplômes, bizarrement, ceux-là ne se posent pas de questions.
Ces gens de gauche là ont fait leur choix.
Pas comme les sus-cités qui ergotent, hésitent, voterai-je blanc ? orange ? Bayrou ? DSK ? (oh oui, ce serait si drôôôôôle Daaaaaaaaaarling (de voter nul))
D'un autre côté, je peux comprendre qu'ils s'en foutent un peu du résultat.
Ils ne sentent pas d'épée de Damoclès au-dessus de leur tête, ceux-là.
Certains, je pense, auraient même des intérêts personnels à voir Sarkozy élu.
Alors qu'ils passent à droite et qu'ils l'assument, merde.
Dimanche, chaque Français choisira entre deux modèles de société.
Personnellement, vous le savez.
Je ne veux pas que la France fasse sa révolution conservatrice ;
je ne veux pas d'un système de santé franchisé ;
je ne veux pas d'une France qui creuse encore plus le fossé entre les plus riches et les plus pauvres ;
je ne veux pas d'une société qui sera en permanence au bord de l'implosion sociale ;
je ne veux pas d'un système qui concentrera les pouvoirs politiques, médiatiques et économiques ;
je ne veux pas d'une France inégalitaire où l'héritage paiera plus que le travail ;
je ne veux pas d'un état qui monte les Français les uns contre les autres ;
je ne veux pas d'une France qui se focalise sur certains tricheurs et oublie les plus gros profiteurs ;
je ne veux pas d'une France qui se persuade que l'herbe est plus verte à côté ;
je ne veux pas d'une France pour qui toute forme d'aide est forcément de l'assistanat ;
je ne veux pas d'une France à qui l'avenir de la planète est indifférent.
Entre DSK et Fillon comme premier ministre, je n'hésite pas.
Je voterai dimanche.
Qu'importe les sondages.
Probablement débarquerai-je mardi dans une France sarkozyste.
Peut-être pas.
C'est à chacun de choisir ; il est trop facile de rejeter la faute sur les autres, sur les résultats du premier tour ou que sais-je encore. PubEn cette période électorale, on réentend les mêmes poncifs, prononcés par des hétéros ou des homos :
- Les pédés sont riches.
- Un enfant a besoin d’un père et d’une mère.
- Je m’en fous. Je ne veux pas me marier, ni avoir d’enfants !
- Je ne me définis pas par rapport à ma sexualité !
- Il y a aussi des homophobes à gauche, d’ailleurs, Ségolène déteste les pédés.
- Les pédés ne sont pas comme les autres, ils sont différents, ils ne sont pas intéressés par ces bassesses matérielles, ils sont artistiques, créatifs, passionnés, ils vivent pour l’art et la transgression !
- Je ne vote pas pour les intérêts d’une communauté mais pour l’intérêt du pays !
Pour leur tordre le cou, rendez-vous chez Juju !
03/05/2007Hier soirHier soir, j'étais devant mon petit écran.
J'ai regardé
mon Voisin Totoro.
C'est comme pour l'éducation, il faut savoir parfois se recentrer sur les fondamentaux.
Vive les Chat-Bus !
PS : A lire les commentaires (prévisibles) ce matin, je me pose une question : ne devrait-on pas imposer aux débatteurs de pisser dans un bocal après l'épreuve ? Les Français ont le droit de savoir à quoi certains se shootent...
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