Fitz

30/03/2007

30/03/07 - 11:03

Vendredi déjà

Une semaine de plus de passée. Trois semaines que je ne sais plus trop comment je vis. Je lis les nouvelles de ce qui se passe en France, le soir je marche un peu. Presque pas le temps d'écrire. Non pas le temps « physique » – j'aurais amplement le temps le soir –, mais le temps de cerveau disponible.

Cette semaine, nouveau dossier. Le troisième et normalement le dernier. Troisième possibilité de concours (MdC) sur un poste spécifique, dans un laboratoire spécifique pour travailler dans une équipe spécifique. Le thème est en marge de mon domaine, mais on m'a encouragé à postuler, alors je l'ai fait. Par « on », entendez le responsable de l'équipe en question, c'est important pour eux d'avoir un nombre important de candidats, c'est valorisant, et comme il s'agit de mon labo d'accueil pour un autre concours, ça montre mon intérêt et je ne voudrais pas me fâcher avec eux.

Deux papiers qui s'achèvent, mais ça traîne, ça traîne, les dernières heures sont les plus longues... Et pour l'un des deux, je suis toujours en attente de commentaires de mes coauteurs qui me les avaient promis pour lundi ou mardi dernier délai, « j'y mets un point d'honneur ». Croix de bois, croix de fer. On est vendredi, rien à l'horizon, que le ciel qui bleuoit et le soleil qui rougeoit, et le silence radio malgré les relances. Je pars en week-end de Pâques (oui d'accord un week-end d'une semaine...) mardi soir et je dois absolument l'avoir envoyé avant. Je voulais le soumettre aujourd'hui, c'est raté.

Deux jours à me prendre la tête avec des problèmes statistiques. Problèmes de tests d'hypothèses et de détection de signal. Plus ça va, plus j'ai l'impression de patauger. Que les statisticiens présents dans la salle lèvent le doigt ! J'ai besoin d'un avis extérieur...

Nuits houleuses. Je ne me souviens jamais de mes rêves et quand je m'en souviens, il est – presque – toujours question de massacres ou de carnages. Moi qui suis un garçon si sensible... C'est usant. Celui de lundi aurait probablement pu faire un mauvais scénario fantastico-horrifique de série Z. Moi qui ne peux pas regarder un truc qui fait peur sans nausées et sans nuits blanches...
J'imagine déjà les psychanalystes étudier ça pour y projeter leurs fantasmes...

25/03/2007

25/03/07 - 12:09

Padam... Padam...

ou plutôt Paname, Paname.

Il y a une semaine j'étais à Paris.
J'avais posé mon après-midi du vendredi pour être dans les bras de mon tnÅ avant dîner et pouvoir passer ma soirée avec lui. J'avais donc réservé, non pas une place sur le dernier vol me faisant arriver à presque minuit, mais un billet un peu plus cher, pour un avion partant plus tôt. J'avais travaillé d'arrache-pied pendant la semaine et sacrifié une partie de mes nuits (semaine chargée). A midi, j'étais heureux, j'étais prêt, je pouvais y aller. Je consulte avant de partir une dernière fois ma boîte mail personnelle ; j'apprends que mon vol est annulé et que je suis reporté sur un vol trois heures et demie plus tard. Ma soirée en tête-à-tête prend l'eau. J'arriverai un peu plus tôt que d'habitude à Paris tout de même. Je n'aurai pas à courir pour attraper les correspondances dans le réseau ferré francilien. A l'aéroport j'apprends que ce vol est annulé également. Je partirai finalement comme d'habitude. A minuit moins vingt, enfin je retrouve tnÅ.
C'est bon d'avoir quelqu'un qui vous attend à la maison.

Nous avons profité des périodes de beau (ou pas trop mauvais) temps pour nous balader (au passage je trouve que le parc des Buttes-Chaumont se délabre de plus en plus vite...)
Dimanche nous avions convenu d'aller voir La Môme. Nous avons profité sans le prévoir de l'opération promotionnelle du printemps du cinéma. Malheureusement, nous nous sommes retrouvés au premier rang d'une salle assez petite, tellement collés à l'écran que nous ne pouvions le voir entièrement sans tourner la tête, si près de l'écran que je devais fermer les yeux assez souvent pour éviter de vomir lorsque le plan n'était pas purement statique. Ca gâche un peu, je ne comprends pas pourquoi on met des sièges si proches de l'écran. Question de profits, sans doute.
Malgré cela, j'ai vraiment beaucoup aimé ce film qui m'a habité pendant les quelques jours qui ont suivi. Bien sûr la vie de Piaf n'est montrée que sous certains aspects, pas toujours reluisants. Son côté mangeuse d'hommes aux multiples conquêtes n'est pas très présent, son côté découvreuse de talents non plus. Mais ce n'est pas grave. C'est un film. Il faut faire des choix, et le résultat est réussi. La scène où Piaf apprend la mort de Cerdan est un petit bijou. Tous les acteurs jouent justes. Je me méfie des grosses affiches pleines de vedettes, mais là, chapeau. Même Depardieu n'est pas excessif et s'efface derrière son personnage, et on n'est pas du tout surpris par les propos quelque peu orduriers que tient parfois son Altesse Royale, la princesse Clotilde de Savoie, de Venise et de Piémont. Quant à Marion Cotillard, elle est lumineuse. On oublie que les play-back en sont, elle n'imite pas Piaf, elle le devient. J'avais eu cette sensation en voyant Michel Bouquet dans Le Promeneur du Champ-de-Mars, les images réelles et cinématographiques se mélangent tant, que, lorsque j'avais revu un peu plus tard des émissions d'archive avec Mitterrand, j'étais troublé. Là, c'est un peu pareil.
Et lorsque arrive la scène finale, magnifique, portée par une chanson qui prend tout son sens, on s'en prend plein la figure, avec rien d'autre ensuite pour essayer de rebondir que le silence et l'écran noir du générique de fin.
Excellent.

Lundi matin il m'a fallu repartir. Je suis dans mon chez-moi munichois, où tous les matins depuis une semaine, je découvre un paysage recouvert d'une couche neigeuse qui tient jusqu'à midi.
Semaine dense encore une fois, et peu de temps pour écrire ici.
Mais là, il faut que je vous laisse, je m'en vais à Paris. Je pars à la fin du XIXe, rejoindre Victor, Joseph et toute la clique.

16/03/2007

16/03/07 - 15:12

Allo le 12 ?

Vous voulez organiser un méchoui à Paris ?

Demandez aux pages jaunes !

(et regardez leurs propositions ^_^ )

[edit du 20/03] C'est beaucoup moins rigolo maintenant....

15/03/2007

15/03/07 - 22:55

Qu'est-ce que je disais ?



Franchement si elles commencent à se shooter à la Ventoline®...

15/03/07 - 09:06

Invasion

Certains se font envahir par des morpions, par la gale, par le ténia.
D'autres découvrent que leur grenier est devenu un repère pour un essaim d'abeilles, un nid de guêpes, une colonie de frelons, que leur charpente est au goût des termites, leur penderie à celui des mites, leur recoins à celui des blattes, que des fourmis colonisent leur sucre en boîte, que des rats rôdent à la cave, ou que des souris explorent leurs placards.

Ce sont des problèmes plus ou moins gênants, plus ou moins graves.

Moi cette année, je suis (plutôt, j'ai été) envahi par des hôtes non invités, mais pas vraiment indésirables.
Je vis au milieu des coccinelles (nan pas la voiture).
Avec le retour du beau temps, je les pousse à quitter le nid et à découvrir le vaste monde, mais elles n'ont pas toujours envie. Pourtant c'est plein de dangers chez moi, je peux leur marcher dessus par mégarde, allumer le feu sans vérifier que personne ne traîne sur la plaque. Surtout avec leur envie de bien faire et de venir m'aider systématiquement quand je fais la cuisine...Sans compter qu'elle peuvent se faire attaquer par l'Araignée du plafond. La grande faucheuse.
Je les regarde.
C'est fou la variété de couleurs.
Pas une ne ressemble à une autre.

Malheureusement, je n'ai pas de rosiers, pas de plants de haricots ni d'arbres fruitiers susceptibles d'être envahis par des pucerons...

12/03/2007

12/03/07 - 17:25

Un de plus

Je crois que c'est la première fois que je finalise presque deux jours avant la date limite un dossier pour un concours.
C'est vrai que pouvoir recycler – partiellement – d'anciens dossiers, ça accélère la procédure.
Je crois que le projet de recherche tient la route, et que la tâche d'intérêt générale est crédible.
Mais ça ne fait pas tout, loin de là.

Le truc rigolo est qu'il faut joindre au dossier deux enveloppes affranchies.
Et trouver ici des timbres français, ce n'est pas aisé.
Heureusement, tnÅ m'en a gentiment posté (envoyer des timbres par la Poste... presque ubuesque...).

Il ne reste plus qu'à relire tranquillement avant d'envoyer par la poste au ministère demain.

Pour rester dans le domaine professionnel, un papier pour lequel on se battait depuis près d'un an est presque accepté. Pour cette resoumission, le second rapporteur de l'article plus que sceptique a été remplacé par l'éditeur par un nouveau rapporteur qui lui s'est avéré très enthousiaste (presque trop ! ^o^ )
Il reste tout de même du travail d'édition et de correction pour ce papier et j'ai un autre article sur le feu qui traîne depuis si longtemps mais qui doit être impérativement soumis avant la fin du mois.

Tout ça explique le peu de temps que je peux consacrer à ce petit jardin pas si privé.

Mes photos de la diffusion Rayleigh ne me plaisent pas ; je vais en refaire pour pouvoir les poster ici.

06/03/2007

06/03/07 - 21:14

Parce que ce soir, il y a des choses sérieuses à la télévision

Il paraît que la chanson des Vedettes est une chanson engagée écrite à la mort de Pinochet.

Je ne peux m'empêcher de penser à cette citation de Desproges :

Ah, bien sûr si j'avais cette hargne mordante des artistes engagés qui osent critiquer Pinochet à moins de 10 000 km de Santiago...Mais non. Je n'ai pas ce courage. Je suis le contraire d'un artiste engagé. Je suis un artiste dégagé.

06/03/07 - 09:51

Rouge

Samedi soir dernier était visible de ce côté de la planète, si le ciel était clément, une magnifique éclipse de Lune.
Ici le temps était très nuageux, mais très venteux, donc il y eut de nombreuses trouées nous permettant tnÅ et moi de la contempler par intermittence.

Les médias ont naturellement commenté ce phénomène.
Sur Yahoo, dimanche, on pouvait lire dans une dépêche de l'AP :

Selon l'Observatoire de Paris, si la Lune évoluait dans le même plan que la Terre autour du Soleil, plan dit de l'écliptique, il y aurait une éclipse de Lune à chaque pleine Lune, tous les 29 jours.

Ce qui m'amuse dans cette phrase, c'est le « Selon l'Observatoire de Paris ». On ne se mouille pas, c'est pas nous, ils pourraient se planter. On a l'impression que l'information est à prendre avec des pincettes. Peut-être est-ce par déformation professionnelle, à force d'écrire « Selon IPSO », « Selon la SOFRES »...

On pouvait lire également ceci dans une dépêche de l'AFP :

En passant dans le cône d'ombre de la Terre, la Lune devient invisible. Il n'en est rien, en fait, en raison de la réfraction de la lumière solaire par l'atmosphère terrestre, réfraction qui varie selon la longueur d'onde. La couleur rouge du spectre étant la plus déviée, c'est dans des teintes rougeâtres que baignera le cône d'ombre terrestre, et qu'apparaîtra le disque lunaire.

Cette fois, on ne sait pas selon qui c'est, mais c'est faux.
Certes, l'atmosphère est responsable de la couleur de la Lune pendant une éclipse.
Certes, c'est grâce à la réfraction que certains rayons du Soleil, déviés par l'atmosphère terrestre, éclairent la surface de la Lune.
Mais la couleur rouge n'a rien à voir avec la réfraction, puisque le bleu est plus dévié que le rouge par ce phénomène, comme le montre l'usage d'un prisme.

Une éclipse de Lune est rouge pour la même raison
que le Soleil à son coucher est rouge,
que le Soleil à son lever est rouge,
que le ciel est bleu.

Tout ceci est dû au phénomène de diffusion Rayleigh.
En effet les molécules de l'atmosphère peuvent diffuser la lumière qu'ils reçoivent, c'est-à-dire renvoyer la lumière dans n'importe quelle direction (Suivre le lien précédent pour une description moins cavalière). Le point important est que cette diffusion varie comme l'inverse de la longueur d'onde à la puissance quatre (1/λ4), ce qui est une dépendance très forte. Ainsi, si l'on considère le spectre visible l'aile bleue est environ dix fois plus diffusée que le domaine du rouge.

En l'absence de diffusion, même en plein jour, le ciel serait noir et les étoiles seraient visibles (ce qu'on peut voir sur certaines photos prises par les astronautes sur la Lune, qui ne possède pas d'atmosphère). A cause de la diffusion de la lumière solaire par les molécules de l'atmosphère, le ciel est lumineux. Comme les molécules diffusent préférentiellement le bleu, le ciel nous apparaît de cette couleur.

Lorsque le Soleil est bas sur l'horizon, la lumière qui nous parvient de lui a traversé une très grande épaisseur de l'atmosphère. Une grosse partie du rayonnement bleu a été diffusée pendant cette traversée. Le rouge, lui, a été beaucoup moins diffusé, c'est donc cette couleur dominante que l'on voit.
C'est pourquoi le soleil apparaît rouge à son lever et son coucher.

Pour la couleur des éclipses, c'est la même chose. Nous avons dit que les rayons qui atteignent la lune ont été réfractés par l'atmosphère terrestre. En la traversant, le bleu a été pour l'essentiel filtré, diffusé, il reste donc le rouge qui peut éclairer la Lune et la rendre visible pendant l'éclipse.

02/03/2007

02/03/07 - 22:29

Au hasard (2)

Tout d'abord, merci à ceux qui ont participé. Voici ce qu'il en est. La réponse de Valerio est proche de la vérité, à quelques petites nuances.

Commençons par le premier dessin, en haut à gauche. Celui-ci, on a peine à penser que la répartition soit aléatoire, tant il semble régulier. Fondamentalement, une telle disposition n'est pas impossible, mais on sent qu'une telle régularité (encore faudrait-il définir ce qu'on entend par régularité) est très peu probable. Pour ce dessin, je suis parti de points régulièrement répartis et j'ai déplacé chaque point, au hasard mais de façon à ce qu'il reste dans un voisinage proche de sa position initiale. Ces petits voisinages sont figurés par les petits carrés blancs dans la figure ci-dessous. Avec cette façon de faire, on voit que les points rouges ne peuvent être placée que sur une fraction (1/4 précisément) de la surface du carré bleue.

Intuitivement, on a généralement l'impression que le dernier, en bas à droite, a quelque chose qui cloche aussi. Il y a trop de structures qui semblent émerger, des alignements, des agglutinations. On est tenté de favoriser l'un des deux carrés restants.
Pourtant pour construire le carré en haut à droite, j'ai découpé le carré en cent, 10 par 10, et j'ai placé, au hasard, UN seul point dans chaque petit carré.
En bas à gauche, on a utilisé un processus similaire. Le carré a été découpé en vingt-cinq (5x5) et quatre points dans chaque carré ont été placés au hasard.

Seul le dernier a été construit complètement au hasard, ce qui n'est, à mon avis, pas forcément très intuitif. On peine à croire que le hasard est seul responsable des motifs qui semblent apparaître. Mais pourtant, c'est bien le cas. En réalité c'est assez général. Le hasard crée facilement de telles agglutinations. En y réfléchissant un peu, ça se comprend. Pour ne pas créer d'agglutinations, il faudrait, quand un point a été placé, que les suivants évitent une certaine zone autour de ce point ; ce qui n'est pas possible si les points sont placés de manière indépendante les uns des autres.

Ainsi, les coïncidences sont souvent l'œuvre du hasard.
Un malheur n'arrive jamais seul dit l'adage. On peut voir ça comme une caractéristique du hasard.
Ce qu'on peux dire en revanche, c'est que, s'ils arrivaient toujours seuls, ce ne serait pas dû au hasard.


01/03/2007

01/03/07 - 11:12

Au hasard

Il est intéressant de voir si notre perception du hasard est bonne ou pas. Voici un petit exercice pour le tester. J'ai placé aléatoirement sur un carré bleu cent petits points rouges. Ils ont été placés suivant ce qu'on appelle une loi uniforme, c'est-à-dire que chaque point du carré a la même chance d'être choisi. Je vous ai dessiné le résultat ci-dessous.
Mais parmi les quatre carrés représentés, les points ont été placés suivant une loi uniforme sur un seul d'entre eux . Dans les trois autres cas, le hasard a été faussé : j'ai volontairement favorisé ou défavorisé certaines régions du plan.
Intuitivement, parmi ces quatre carrés, sur lequel d'entre eux les cent points ont-ils été placés complètement au hasard ?



 

L'image de la bannière et celle de l'avatar ont été créées d'après une illustration de M. Whelan sur la couverture de "l'Assassin du roi" (R. Hobb, France Loisirs Ed.).
Les photos sont de moi, sauf mention contraire.

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