Argumentaire, Virginité et Fratrie
Avec mon article d'hier je voulais accessoirement rappeler la définition de l'immaculée conception et surtout souligner un point qui me semble important : lorsqu'on cherche à démontrer quelque chose, spécialement à démonter une position, un argumentaire ou une imposture, il faut être rigoureux au risque de passer pour un rigolo. Avant de chercher à battre quelqu'un sur son domaine, il faut déjà bien connaître le terrain. Je sais qu'il est facile – pour la bonne cause – d'asséner des poncifs faciles et se laisser aller parfois à son tour à des contre-vérités. Tout le monde aime la facilité, moi le premier.
J'ai souvent entendu par exemple des scientifiques, qui dans la noble lutte contre l'obscurantisme, cherchait à démontrer le caractère non-pertinent (au sens de la pertinence scientifique) de l'astrologie mais ce, en usant d'arguments bidons comme la présence de treize constellations le long de l'écliptique ou la précession des équinoxes...
En revanche, c'est vrai qu'il n'est pas toujours facile de démonter une contre-vérité énoncée avec aplomb. Certains politiques le savent bien, en usent et en abusent, souvent en terminant leur propos par « et puis les gens le savent bien ». C'est un travail de longue haleine de démontrer que la vérité est le contraire de ce qui est ainsi affirmé. Mais salutaire, j'ose l'espérer.
Mon article d'hier m'a entraîné également dans d'autres considérations théologiques (En aparté : si je m'intéresse à tout cela, ce n'est pas pour des raisons vraiment théologiques, loin de là, mais les histoires, mythes et légendes sont souvent un aspect important pour comprendre notre culture, et savoir lire certaines œuvres d'art, fin de l'aparté). Il est amusant de regarder comment les différents mouvements/églises/sectes chrétiens voient la virginité de Marie. Tout cela à cause de l'interprétation d'un nom : « frère » (et « sœur »). Par exemple : Jacques, frère de Jésus. Pour le dogme catholique qui suit l'interprétation de Saint-Jérôme, le mot frère n'est pas à prendre au sens familial, la Vierge est perpétuellement vierge et Jésus reste fils unique. Pour les orthodoxes, suivant la théorie épiphanienne, Jacques est un fils de Joseph, issu d'un précédent mariage, et donc plutôt un demi-frère de Jésus. C'est vrai qu'aux Météores par exemple, nous avions relevé avec tnÅ que certaines icônes représentaient « Jacques, frère de notre seigneur », ce qui peut surprendre un œil habitué à une iconographie plus catholique. Enfin l'interprétation d'Helvidius, suivie par certains protestants, considère que Marie et Joseph ont eu d'autres enfants ensuite, dont Jacques. Une joyeuse vision, puisque Marie est morte ayant connu les joies de la chair. Parce que, bon, connaître les douleurs de l'accouchement sans connaître les petits plaisirs copulatoires, ce doit être frustrant j'imagine... A moins que, immaculément conçue, elle ne fut pas assujettie à « enfanter dans la douleur ». Je ne sais pas... Il y a un théologien dans la salle ? ^^
13/12/06 - 21:20
Longtemps, l'antiquité n'a pas compris grand chose au sexe féminin. Voir les prescriptions bibliques et l'approche des médecins de la Grèce antique.
Toute maternité citera un (des) cas de jeune parturiente arrivant vierge dans la salle d'accouchement, le Saint Esprit n'y étant évidemment pour rien.
preston