Commémoration
Hier c'était le grand jeu du qui-faisait-quoi-il-y a-cinq-ans-?
Cinq ans. Déjà et seulement.
J'étais à Paris, j'allais débuter ma thèse, j'avais invité ma mère, de passage en raison d'une formation, à dîner ce soir-là.
C'est elle qui m'a appris la nouvelle en fin d'après-midi quand nous nous sommes retrouvés.
J'ai attendu plusieurs jours avant de voir les films des avions percutant les tours. Je m'étais dit qu'il n'y avait pas urgence, qu'on aurait l'occasion de les revoir en boucle. J'avais bien raison.
Je me souviens surtout parfaitement de deux choses. Premièrement, une de mes premières réactions fut : Va-t-on chercher à connaître la raison de la haine pour chercher à la combattre efficacement et empêcher le retour de telles horreurs ? La seconde chose dont je me souviens est ma lecture du moment. Je lisais La Mousson, le roman de L. Bromfield. La catastrophe venait d'arriver. Le barrage venait de céder. Des milliers, des dizaines de milliers de morts. Une mort brutale, violente. Et la catastrophe sanitaire qui allait débuter. L'auteur au détour d'une phrase faisait sous-entendre que personne ne serait jamais condamné, ni même accusé ou inquiété pour ces morts-là. La faute a pas de chance. Le destin. Alors que le barrage avait cédé parce qu'il avait été mal conçu pour faire des économies, pour le profit de quelques hommes peu scrupuleux. Dans ma tête, ces deux événements, tragédies réelle et romanesque, se sont associés. On m'a d'ailleurs reproché cette association. Il est, semble-t-il pour certains, moins choquant de mourir sur l'autel du profit que sur l'autel de la haineuse folie terroriste, car dans le second cas la mort est l'objectif alors qu'elle n'est qu'un dommage collatéral du premier.
Pourtant.
Les dieux, les religions,
Les guerres de civilisation,
Les armes, les drapeaux, les patries, les nations,
Font toujours de nous de la chair à canon
Deux étrangers au bout du monde, si différents
Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant,
Pulvérisés, sur l’autel, de la violence éternelle
Manhattan Kaboul, Renaud Séchan
12/09/06 - 12:52
Il est comme cela des coïncidences troublantes dans la vie...
Je ne vois pas ce qu'il y aurait de choquant à faire le parallèle entre ces deux tragédies, l'une avérée, l'autre plus que plausible.
Le commentaire à chaud (je le disais encore ce matin à mon compagnon), je m'en méfie. Le recul est toujours ou presque nécessaire. L'analyse nécessite de se poser aussi la question du pourquoi, aussi. Sinon, malgré les annonces de circontance, on ne comprend pas ; et on se retrouve ec les mêmes risques devant nous...
Un exemple ? Le séisme du 21 avril 2002 en France ; promis juré, dès le soir même, "ils" avaient compris ! rendez-vous dans quelques mois... pas certains qu'il faille exclure une piqure de rappel...
rv37