Sous le signe du sport (ici et ailleurs)
Ce week-end fut placé pour le France sous le signe du sport. Deux finales : une défaite et une victoire. Comme il y a huit ans. Melle Mauresmo (Amélie pour les intimes, mais je n'en fait pas partie) succède à Melle Suzanne Lenglen dans la liste des vainqueurs françaises du simple dame, 81 ans plus tard. Elle gagne ainsi le plus prestigieux tournoi du circuit huit ans après la défaite de Nathalie Tauziat. L'équipe de France de football a perdu, après sa victoire il y a huit ans. Une finale contre l'Italie, comme il y a six ans, après une demi-finale contre le Portugal, comme il y a six ans. Tout s'est joué sur un tir de M. Trézéguet, comme il y a six ans.
L'histoire semble aimer les variations sur thème.
Je suis assez content, je dois l'admettre, de la victoire de la Française à Wimbledon. J'avais trouvé salopardes les critiques après sa première accession à la tête du classement mondial féminin : lui reprocher de n'avoir jamais gagné de grands tournois et d'être là "juste" en raison de sa régularité de ses non-blessures. C'est sûr qu'il est plus dans la tradition de nos grands sportifs de faire des coups d'éclat sans lendemain... Quant aux blessures, dans ces métiers du sport, cela s'apparente souvent à mon sens à une faute professionnelle, comme celle d'un chef de projet incapable de gérer son budget. Sa victoire à Melbourne avait un goût d'inachevé. Samedi elle a, parait-il, été royale. Je regrette ne pas avoir pu regarder le match, on m'a dit que le spectacle fut de qualité.
Le seul point noir pour moi est qu'elle vive en Suisse. Si c'est pour des raisons fiscales, elle baisse grandement dans mon estime.
Quant au résultat de l'équipe de France de football, j'admets que ça m'a bien ennuyé. J'admets que ceux qui résident sur le sol français, surtout dans les grandes villes, ont pu profiter d'une nuit calme. Mais se satisfaire de cette défaite sur un tel argument est très franco-centré. C'est ne pas penser aux pauvres petits expatriés. Car moi je savais que, quel que fût mon intérêt personnel pour ce sport, je serais aujourd'hui le vaincu et pire encore qu'il faudrait se farcir les italiens du labo, déjà insupportables après leur victoire en demi-finale.
Du coup ce matin j'ai écourté le café scientifique journalier (10h30-11h) en arrivant à 10h50.
Discussion avec un collègue anglais :
- Shame on you
- Why ?
(traduction de la suite pour pas m'embêter à réfléchir de trop non plus ^^)
- Pour avoir laissé gagner les italiens.
- Je n'ai laissé gagner personne, je n'ai joué à rien.
Me retournant vers les italiens reconnaissables au fait qu'ils portent le maillot de leur équipe nationale ou un T-shirt arborant fièrement le nom de leur pays, certains portant même en cape le drapeau vert-blanc-rouge.
- Ils semblent bien fiers.
- Ils fêtent leur victoire.
- Je suis admiratif : ils ont le temps de faire de la science en journée et de jouer au football le soir ? Ils sont encore plus méritants.
Plus tard en allant à la cantine et en croisant moults maillots et drapeaux en cape.
- Je crois comprendre pourquoi ils ont gagné : ils sont bien plus de onze à avoir joué
... Remarque, je ne dis pas ça car ils sont italiens, en France, cela aurait été la même chose.
- En Angleterre, cela aurait été pire.